
Votre barquette de fraises espagnoles est le résultat d’un système qui transforme sciemment la plus grande réserve naturelle d’Europe en désert.
- L’irrigation, en grande partie illégale, pompe l’eau d’un aquifère vital à un rythme insoutenable, provoquant un effondrement écologique.
- Cette « désertification programmée » menace des espèces uniques et augmente les risques d’inondations pour les villes voisines.
Recommandation : En tant que consommateur, exiger la transparence sur l’origine des produits est le premier acte de résistance contre ce désastre annoncé.
Dans les rayons de nos supermarchés, elles sont le symbole du printemps précoce et d’une gourmandise accessible : les fraises d’Espagne. Leur couleur vive et leur prix attractif masquent une réalité brutale, un drame écologique qui se joue à des milliers de kilomètres du panier du consommateur. Ce que nous achetons n’est pas seulement un fruit, mais le produit final d’un système agricole intensif qui est en train de commettre un véritable crime hydrologique : l’assèchement méthodique du parc national de Doñana, la plus grande et la plus importante zone humide d’Europe.
On parle souvent de la nécessité de trouver un « équilibre » entre agriculture et environnement, ou de « solutions durables ». Mais ces termes sont devenus des écrans de fumée. La situation à Doñana a dépassé le stade du simple conflit d’usage. Nous assistons à une liquidation organisée d’un capital naturel inestimable pour le profit à court terme d’une mono-industrie. La question n’est plus de savoir s’il faut réguler, mais de constater l’échec des régulations et de comprendre les complicités passives, de l’agriculteur au distributeur, et jusqu’au consommateur final.
Cet article n’est pas un plaidoyer contre les agriculteurs, mais une investigation alarmante sur les mécanismes d’un désastre annoncé. En plongeant au cœur de la nappe phréatique exsangue de Doñana, nous allons exposer comment la soif inextinguible de l’or rouge andalou transforme un joyau de la biodiversité mondiale en une terre aride, et comment les chaînes d’approvisionnement européennes portent une responsabilité écrasante dans cette tragédie.
Pour comprendre l’ampleur de la catastrophe et ses multiples facettes, cet article décompose le problème en analysant ses conséquences sur la faune, les méthodes illégales employées, les faux-semblants de la conservation et les responsabilités partagées. Le sommaire ci-dessous vous guidera à travers ce dossier critique.
Sommaire : Le dossier noir de l’assèchement de Doñana
- Pourquoi Doñana est-elle l’escale vitale pour les oiseaux entre l’Europe et l’Afrique ?
- Comment repérer les captages d’eau illégaux qui vident la nappe phréatique ?
- Le Lynx ibérique : réussite de conservation ou sursis précaire ?
- L’erreur d’opposer systématiquement agriculteurs et écologistes sans chercher de transition
- Quand Doñana deviendra-t-elle un désert si le pompage continue ?
- Pourquoi détruire une mangrove coûte-t-il 10 fois plus cher que de la protéger ?
- Le risque juridique et financier de dépendre de minerais de conflit
- Pourquoi la préservation des zones humides est-elle votre meilleure assurance contre les inondations ?
Pourquoi Doñana est-elle l’escale vitale pour les oiseaux entre l’Europe et l’Afrique ?
Avant d’être le théâtre d’un désastre, le parc national de Doñana est avant tout un carrefour biologique d’importance mondiale. Inscrit au patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO, ce delta marécageux constitue la dernière grande étape pour des millions d’oiseaux migrateurs qui traversent le détroit de Gibraltar. C’est une aire de repos, d’alimentation et de reproduction indispensable sur l’une des plus grandes autoroutes aviaires de la planète. Hérons, flamants roses, oies cendrées et d’innombrables autres espèces dépendent de la présence de ses lagunes et de ses marais pour survivre à leur long périple entre l’Afrique et l’Europe du Nord.
Mais ce rôle vital est en train de disparaître sous nos yeux. L’eau, qui est le sang de cet écosystème, est détournée avant même d’atteindre le cœur du parc. Le résultat est un effondrement biologique catastrophique. Sur le terrain, le silence remplace de plus en plus le caquètement de milliers d’oiseaux. Les vastes étendues d’eau se sont muées en plaines de boue craquelée. Les chiffres sont sans appel : une étude récente révèle qu’en janvier 2024, seulement 43 989 oiseaux ont été recensés, un chiffre historiquement bas qui témoigne d’un écosystème à l’agonie. Ce n’est pas une fluctuation naturelle ; c’est le symptôme d’une hémorragie que nous provoquons.
Pour bien visualiser l’urgence de la situation, il suffit d’observer les dernières colonies d’oiseaux qui se regroupent désespérément autour des rares points d’eau restants.

Cette image, bien que poétique, est celle d’un sursis. Les oiseaux ne trouvent plus les ressources nécessaires. En asséchant Doñana, nous ne faisons pas que détruire un parc espagnol ; nous coupons une artère vitale pour la biodiversité de tout un continent. Chaque fraise irriguée illégalement contribue à effacer ce sanctuaire du ciel.
Comment repérer les captages d’eau illégaux qui vident la nappe phréatique ?
Le crime hydrologique qui frappe Doñana n’est pas une opération clandestine menée dans l’ombre. Il s’étale au grand jour, sous la forme d’un océan de serres en plastique qui encercle et étouffe le parc. La source du problème réside dans un système de captage d’eau systémique et largement illégal. Des milliers de puits et de bassins de rétention ont été creusés sans autorisation pour irriguer les cultures de fraises, pompant directement et sans contrôle dans la nappe phréatique qui alimente les zones humides. Cette nappe, connue sous le nom d’aquifère 27, est le cœur battant de Doñana. Aujourd’hui, elle est en état de mort clinique.
Le mode opératoire est simple et dévastateur. Les puits illégaux, souvent dissimulés, fonctionnent jour et nuit, aspirant des volumes d’eau colossaux. Cette surexploitation empêche la recharge naturelle de l’aquifère et assèche les « ojos », ces sources qui donnent naissance aux marais. Les autorités locales, sous pression économique et politique, ont longtemps fermé les yeux. Les estimations des ONG environnementales sont effarantes. Selon Felipe Fuentelsaz, responsable du parc pour le WWF Espagne, c’est jusqu’à 20% de la superficie agricole autour de Doñana qui est arrosée illégalement. C’est une privatisation de fait d’une ressource commune, au détriment de la nature et des agriculteurs respectueux de la loi.
20% de la superficie autour de Doñana, c’est-à-dire 1 600 hectares, est arrosée de façon illégale.
– Felipe Fuentelsaz, Responsable du parc pour WWF Espagne
Le repérage de ces installations est un travail de fourmi mené par les gardes du parc et les organisations écologistes, souvent via l’analyse d’images satellite. Mais le problème est politique : une proposition de loi d’amnistie a même été envisagée par le gouvernement régional andalou pour légaliser près de 1 900 hectares de cultures illégales, ce qui signerait l’arrêt de mort définitif du parc. Face à cette situation, le consommateur n’est pas impuissant.
Plan d’action : Décrypter l’eau volée derrière les fruits rouges
- Exiger la transparence : Interrogez votre distributeur sur les politiques d’approvisionnement en fruits rouges venant de la région de Huelva. Demandez s’ils adhèrent à des initiatives comme l’Alliance des distributeurs pour Doñana.
- Identifier les labels : Recherchez des certifications qui garantissent une gestion durable de l’eau, même si leur fiabilité doit être vérifiée de manière indépendante.
- Confronter les marques : Utilisez les réseaux sociaux pour demander publiquement aux grandes marques de supermarchés quelles mesures elles prennent pour s’assurer que leurs fraises ne proviennent pas de fermes illégales.
- Soutenir les alternatives : Privilégiez les fruits de saison et locaux, dont l’empreinte hydrique est souvent moindre et plus transparente.
- S’informer et diffuser : Partagez les articles et les rapports d’ONG sur le sujet. La pression de l’opinion publique est une arme puissante.
Le Lynx ibérique : réussite de conservation ou sursis précaire ?
Au milieu de ce sombre tableau, une histoire semble briller : celle du Lynx ibérique. Autrefois au bord de l’extinction, ce félin emblématique a vu sa population renaître de ses cendres grâce à des décennies d’efforts de conservation colossaux. Doñana fut l’un de ses derniers refuges. Aujourd’hui, le lynx est un succès de relations publiques, une mascotte qui semble prouver que la protection de l’environnement peut fonctionner. Mais cette réussite est un arbre qui cache la forêt, ou plus précisément, un prédateur qui survit dans un écosystème qui, lui, est en train de mourir.
Le programme de réintroduction du lynx est une prouesse technique et financière. Il a permis de faire passer l’espèce du statut « en danger critique » à « vulnérable ». Cependant, le lynx dépend d’un habitat sain et d’une abondance de proies, principalement des lapins. Or, la désertification progressive de Doñana menace directement la base de sa chaîne alimentaire. Les lapins, comme toutes les autres formes de vie, ont besoin d’eau et de végétation pour prospérer. En asséchant les marais, on détruit non seulement l’habitat des oiseaux, mais aussi celui de toute la faune terrestre qui constitue la richesse du parc.
La survie du lynx est donc une victoire en trompe-l’œil. On a sauvé l’espèce de la consanguinité et de la disparition immédiate, mais on la condamne à vivre dans un musée à ciel ouvert dont les fondations s’effritent. C’est un sursis précaire. Si son habitat continue de se dégrader à ce rythme, si les sources d’eau qui soutiennent la vie dans le parc disparaissent, alors les investissements massifs dans la conservation du lynx n’auront été qu’un pansement sur une jambe de bois. On ne peut pas prétendre sauver un symbole de la biodiversité tout en détruisant activement l’écosystème dont il dépend. C’est le paradoxe tragique de Doñana : célébrer la survie d’une espèce tout en orchestrant l’effondrement de son monde.
L’erreur d’opposer systématiquement agriculteurs et écologistes sans chercher de transition
Face au désastre de Doñana, le récit médiatique se simplifie souvent en une confrontation binaire : les agriculteurs avides d’un côté, les écologistes intransigeants de l’autre. Cette opposition est une impasse dangereuse qui masque la complexité du problème et empêche l’émergence de véritables solutions. La culture de la fraise dans la province de Huelva n’est pas une petite affaire. Elle représente un pilier économique majeur, avec une production qui peut atteindre 300 000 tonnes par an, soit 90% de la production espagnole, et génère des dizaines de milliers d’emplois. Ignorer cette réalité serait une erreur stratégique et humaine.
De nombreux agriculteurs sont eux-mêmes pris au piège d’un modèle agro-industriel qui les pousse à produire toujours plus, à moindre coût, pour satisfaire la demande insatiable des marchés européens. Certains d’entre eux, regroupés en associations, sont les premiers à souffrir de la réputation désastreuse que les pratiques illégales font peser sur l’ensemble de la filière. Comme le souligne Manuel Delgado, porte-parole d’une association locale, cette situation risque de faire croire aux consommateurs que « toute la fraise cultivée à Huelva est illégale », ce qui est faux. La véritable opposition n’est pas entre l’agriculture et l’écologie, mais entre un modèle agricole extractiviste à court terme et un projet de territoire durable.
Le défi n’est pas d’éradiquer l’agriculture, mais d’orchestrer une transition juste et rapide. Cela implique de sortir de la monoculture de la fraise, d’investir dans des cultures moins gourmandes en eau, de démanteler les installations illégales et de restaurer les terres indûment cultivées.

L’image d’une coexistence harmonieuse est encore possible, mais elle exige un courage politique immense et un soutien économique fort de la part de l’Espagne et de l’Union européenne pour accompagner les agriculteurs dans ce changement de paradigme. Continuer à les opposer aux défenseurs de l’environnement ne fait que servir les intérêts de ceux qui profitent du statu quo et de la destruction du capital naturel.
Quand Doñana deviendra-t-elle un désert si le pompage continue ?
La question n’est plus « si » mais « quand ». Les signaux d’alarme ne sont plus des prédictions lointaines, mais des constats observables sur le terrain. La transformation de Doñana en une zone semi-aride, voire en un désert, est un processus déjà bien engagé. La vitesse de cette « désertification programmée » est terrifiante. Les données hydrologiques et écologiques convergent vers un point de non-retour qui se rapproche à une vitesse alarmante. L’image de la zone humide la plus importante d’Europe n’est plus qu’un souvenir pour les scientifiques qui la parcourent.
Le symptôme le plus visible est la disparition quasi totale des lagunes temporaires qui constituaient le cœur du parc. Selon les observations du WWF à la fin de l’année 2023, c’est près de 98% de l’eau des marais qui a disparu. Mais le mal est plus profond. La Laguna de Santa Olalla, la plus grande lagune permanente de Doñana et considérée comme son dernier bastion aquatique, s’est complètement asséchée pour la première fois de son histoire en été 2022, un phénomène qui s’est répété depuis. C’est un événement d’une gravité exceptionnelle, un signal que l’aquifère souterrain n’est plus capable, même a minima, de maintenir en eau les zones les plus profondes.
Cette agonie est le résultat direct de la baisse continue du niveau de la nappe phréatique. Entre 2020 et 2024, le niveau a chuté en moyenne de plus d’un mètre et demi. C’est une hémorragie souterraine, invisible pour le grand public mais qui condamne l’ensemble de l’écosystème en surface. Si le pompage continue à ce rythme, les scientifiques estiment que le point de bascule, où la dégradation devient irréversible, pourrait être atteint en l’espace d’une décennie. Doñana deviendrait alors un paysage de sel et de poussière, un monument à la gloire de l’absurdité humaine et un témoignage permanent de ce que notre consommation peut détruire.
Pourquoi détruire une mangrove coûte-t-il 10 fois plus cher que de la protéger ?
Le titre de cette section, bien que faisant référence aux mangroves, pose une question universelle qui s’applique parfaitement au cas de Doñana : la logique économique absurde qui consiste à détruire un écosystème pour ensuite dépenser des fortunes pour tenter de le réparer. La prévention est systématiquement moins coûteuse que la guérison, et la destruction du capital naturel de Doñana en est une illustration flagrante. Le coût de l’inaction et de la surexploitation se chiffre déjà en milliards d’euros, une facture qui ne cesse de grimper.
Face à la condamnation imminente du parc par les instances européennes et internationales, le gouvernement espagnol a dû réagir. Un plan de sauvetage a été signé, prévoyant des investissements massifs pour tenter de renverser la tendance. Une partie de cet argent est destinée à racheter des terres agricoles irriguées illégalement pour les « renaturer ». Le coût est exorbitant : des compensations se chiffrant jusqu’à 100 000 euros par hectare ont été évoquées pour convaincre les agriculteurs d’abandonner leurs cultures. C’est le prix à payer pour corriger des décennies de laxisme et de pillage organisé.
Ce calcul est économiquement irrationnel. Le coût de la protection préventive de Doñana – surveillance accrue, application stricte de la loi, soutien à une agriculture réellement durable – aurait été infiniment plus faible. Les services écosystémiques rendus gratuitement par la zone humide (purification de l’eau, protection contre les inondations, tourisme, biodiversité) représentent une valeur économique colossale qui a été sacrifiée sur l’autel du profit à court terme de « l’or rouge ». Nous sommes en train de payer pour détruire, puis de payer à nouveau pour réparer, avec un succès très incertain. Le véritable coût, celui de la perte irréversible d’espèces et de la dégradation d’un patrimoine mondial, est, lui, incalculable.
À retenir
- L’irrigation pour les fraises espagnoles, majoritairement illégale, est en train d’assécher Doñana, la plus grande réserve humide d’Europe.
- La nappe phréatique s’effondre, provoquant la disparition de 98% des marais et un déclin catastrophique des populations d’oiseaux migrateurs.
- Ce « crime hydrologique » n’est pas un accident mais une désertification programmée, tolérée pour des raisons économiques à court terme.
Le risque juridique et financier de dépendre de minerais de conflit
Si la situation de Doñana peut sembler lointaine, elle est directement connectée aux marchés européens par des chaînes d’approvisionnement qui sont de plus en plus scrutées. Le titre de cette section, faisant allusion aux « minerais de conflit », offre une analogie pertinente : les « fraises de la soif » de Doñana sont en train de devenir un produit toxique sur le plan réputationnel, juridique et financier. Les entreprises qui ferment les yeux sur l’origine de leurs approvisionnements s’exposent à des risques majeurs. L’ère de l’impunité touche à sa fin.
Le premier risque est juridique. La Commission européenne, gardienne des traités et des directives sur l’environnement, a déjà l’Espagne dans son viseur. Après une première condamnation par la justice européenne pour manquement à ses obligations de protection, Bruxelles a brandi la menace de sanctions financières si le pays ne prenait pas des mesures drastiques pour stopper le pillage de l’eau. Pour les distributeurs, les futures directives sur le devoir de vigilance (CSDDD) imposeront une responsabilité légale sur l’ensemble de leur chaîne de valeur, les obligeant à identifier et à prévenir les impacts environnementaux négatifs.
Le second risque, tout aussi puissant, est celui de la réputation. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux questions éthiques et environnementales. Une prise de conscience massive est en cours, et elle est portée par des acteurs économiques de premier plan. Preuve en est l’initiative de l’Alliance européenne des distributeurs pour protéger Doñana, qui a vu 23 grands noms de la distribution, dont Migros, Coop et Lidl, s’engager publiquement à ne plus s’approvisionner auprès de fermes illégales. C’est un signal fort : le marché lui-même commence à rejeter ces produits « contaminés ». Pour une marque, être associée à la destruction de Doñana devient un passif financier et une tache indélébile sur son image.
Pourquoi la préservation des zones humides est-elle votre meilleure assurance contre les inondations ?
Le drame de Doñana est souvent perçu comme un problème lointain, confiné aux frontières d’un parc naturel. C’est une erreur de perspective fondamentale. La destruction d’une zone humide de cette ampleur a des conséquences directes bien au-delà de son périmètre, notamment pour la sécurité de centaines de milliers de personnes. En effet, les zones humides comme Doñana agissent comme une gigantesque éponge naturelle, un rôle essentiel dans un climat méditerranéen sujet aux extrêmes, alternant sécheresses et pluies diluviennes.
Lors de fortes précipitations, un marais en bonne santé absorbe d’énormes quantités d’eau, la stocke et la relâche lentement, régulant ainsi le débit des cours d’eau en aval. Ce service écosystémique, entièrement gratuit, protège efficacement les zones peuplées contre les crues soudaines et les inondations. En asséchant Doñana, nous ne faisons pas que tuer sa faune et sa flore ; nous « imperméabilisons » des dizaines de milliers d’hectares. Une terre sèche et craquelée n’absorbe plus l’eau. Au contraire, elle favorise le ruissellement. Les pluies torrentielles, au lieu d’être absorbées, dévalent désormais des surfaces nues et compactées, convergeant rapidement vers les rivières et menaçant des villes comme Huelva et Séville.
Paradoxalement, en créant un désert par la sécheresse artificielle, on augmente le risque d’inondations catastrophiques. C’est une bombe à retardement hydrologique. La préservation de Doñana n’est donc pas un luxe d’écologistes déconnectés. C’est une question de sécurité civile, une infrastructure naturelle vitale qui protège les vies et les biens. Détruire cette « assurance anti-inondation » au nom du profit à court terme de la culture de la fraise est un calcul d’une stupidité abyssale, dont les populations locales seront les premières victimes.
Pour que votre prochain achat de fruits ne soit pas un vote pour la désertification, l’étape suivante consiste à exiger la transparence sur l’origine et les méthodes de culture de ce que vous consommez.