Maladies tropicales – infections dues au changement climatique ?

Publié le : 14 mars 20233 mins de lecture

Le changement climatique n’est pas à venir ; il est déjà là. Les spécialistes s’interrogent encore sur la question de savoir si le changement climatique s’installera définitivement ou si nous passerons à côté. Mais une chose est déjà claire : les insectes tropicaux ont déjà fait leur chemin vers l’Europe. Et cela n’est pas seulement dû aux vols long-courriers bon marché…

Le retour de la malaria ?

Le paludisme, la fièvre du Nil occidental, la leishmaniose, pour ne citer que quelques maladies tropicales originelles, sont devenus la cible des chercheurs spécialisés dans le climat et les insectes. Il est vrai qu’il y a déjà eu des épidémies de paludisme en Europe, comme Allemagne, car dans les marais de Frise orientale, par exemple, le paludisme a été considéré comme « endémique » pendant longtemps ; une partie de la population était donc constamment infectée par le paludisme. Mais l’utilisation de pesticides et l’assèchement des marais ont permis d’éradiquer la maladie ici, et il n’y a plus de cas de paludisme domestique en Allemagne depuis le début des années 1950.

Bien qu’il n’y ait actuellement pas (encore) d’alerte au paludisme en République fédérale, les conditions extérieures pour le retour de la maladie se sont considérablement améliorées. Les espèces de moustiques qui transmettent la malaria sont toujours originaires d’Allemagne. Cependant, l’augmentation des températures offre de meilleures conditions pour la maturation de l’agent pathogène du paludisme dans le moustique : la « température de reproduction » atteint un niveau optimal.

L’avancée de l’exotisme

Un autre cas problématique est celui de la mouche des sables, porteuse de la redoutable leishmaniose. Originaire de la Méditerranée arabe, il est maintenant arrivé dans le sud de la France – et il n’y a aucune raison de penser qu’il s’arrêtera à la frontière franco-allemande. Au contraire : les phlébotomes, qui sont d’ailleurs si petits qu’ils peuvent passer à travers n’importe quelle moustiquaire, ont été découverts dans le Bade-Wurtemberg.

Cette situation est dangereuse, entre autres parce que de nombreux voyageurs méditerranéens ramènent des chiens errants de leurs vacances. Ces chiens dits « d’Ibiza » sont souvent infectés par la leishmaniose.

Jusqu’à présent, le vecteur correspondant, à savoir la mouche des sables, manquait dans ce pays pour transmettre les agents pathogènes de la leishmaniose du chien à l’homme. Mais l’arrivée de la mouche des sables dans le Bade-Wurtemberg montre clairement que le risque d’infection est en expansion.

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